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lundi 5 novembre 2012

Contre le nationalisme japonais, le romancier Oe Kenzaburo reprend la plume

Par Martine Bulard
26/10/2012
source : http://blog.mondediplo.net

english version 

Les provocations succèdent aux provocations en mer de Chine. L’été a été occupé par le face-à-face entre les bateaux chinois et philippins. Depuis la rentrée, c’est à l’est que les escarmouches prolifèrent : entre le Japon et la Corée du Sud, autour de l’île Dodko — pour les Coréens — ou Takeshima — pour les Japonais ; entre le Japon et la Chine pour les îles Senkaku (nom japonais) ou Diaoyu (nom chinois). Pourquoi ce regain de tension ? Stephanie Kleine-Ahlbrandt apporte une série d’éclairages pour comprendre la stratégie de Pékin dans le prochain numéro du Monde diplomatique (daté de novembre, en vente le 28 octobre).

Au Japon, la montée du nationalisme inquiète les citoyens — non sans raison. L’un des fers de lance de ce courant de pensée, le gouverneur de Tokyo, M. Ishihara Shintaro, a démissionné de son poste afin de créer un parti nationaliste en bonne et due forme. Il est à l’origine de la relance du conflit entre Pékin et Tokyo. En août, il avait lancé une souscription pour la nationalisation de trois îlots des Senkaku qui appartenaient à un richissime homme d’affaires nippon, et le gouvernement lui a officiellement emboîté le pas.

Plusieurs intellectuels japonais se sont émus de cette escalade. Dans un texte publié à la « une » du quotidien Asahi Shimbun (28 septembre), l’écrivain Murakami Haruki regrette que ces tensions distendent les liens construits avec la Chine. On peut, écrit-il, comparer le nationalisme à « un alcool bon marché et de mauvaise qualité que l’on distribue aux gens gratuitement. En quelques verres, ils sont pris de frénésie et perdent le contrôle d’eux-mêmes. Mais quand ils se réveillent le lendemain, il ne reste qu’un vilain mal de tête. Nous devons être très prudents face aux hommes politiques et aux polémistes qui distribuent à tout-va ces mauvais breuvages ».

Enfin, porté par des intellectuels de renom, dont le romancier Oe Kenzaburo, Prix Nobel de littérature en 1994, un manifeste contre le nationalisme d’Etat avait déjà recueilli deux mille signatures (au 22 octobre) avant d’être remis au premier ministre le vendredi 26. Une mobilisation que l’on n’avait pas vue depuis longtemps.

Voici une traduction de ce manifeste.

En finir avec le cercle vicieux des conflits territoriaux

 

Un appel des citoyens japonais.

1. Les tensions s’avivent autour des îles Senkaku et Takeshima. C’est particulièrement triste et regrettable, car elles interviennent sous un gouvernement dirigé depuis 2009 par le Parti démocratique du Japon (PDJ), qui se fixait comme priorité de tourner le Japon vers l’Asie de l’Est et d’établir des relations d’égal à égal avec les Etats-Unis ; elles se déroulent après le mouvement de sympathie qui s’est manifesté après le tsunami du 11 mars 2011, ainsi que l’élan de solidarité des dirigeants chinois et coréens Wen Jiabao et Lee Myung-bak, qui ont alors visité les zones sinistrées. La Corée et la Chine sont deux amis importants pour le Japon, et des partenaires pour construire la paix et la prospérité dans la région. Les liens économiques entre les nations ne peuvent être rompus, et ces relations sont appelées à s’approfondir. En tant que citoyens du Japon, nous sommes profondément préoccupés par la situation actuelle, et faisons la déclaration suivante.

2. On parle de « conflit territorial ». Mais il ne faut pas oublier le contexte historique de ces problèmes — et notamment l’histoire du Japon, en tant qu’agresseur en Asie. En arrière-plan de la visite de M. Lee Myung-bak sur les îles Takeshima/Dokdo se trouve l’affaire des esclaves sexuelles des anciens militaires japonais, connues sous l’appellation de « femmes de réconfort ». Durant l’été 2011, la Cour constitutionnelle de Corée a adopté une résolution sur cette question. A la fin de la même année, lors du sommet de Kyoto, le président coréen a, de nouveau, soulevé ce sujet dont on dit qu’il est à la source des problèmes actuels. Mais le premier ministre Noda Yoshihiko a évité de répondre. Lors de son discours pour l’anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août dernier, le président Lee a une nouvelle fois appelé le Japon à prendre « des mesures responsables » pour régler cette question des « femmes de réconfort ». Les revendications du Japon sur les Takeshima/Dokdo remontent à 1905, lors de la guerre russo-japonaise, au moment où la colonisation de la Corée était lancée et où le droit international reculait. Les Japonais doivent comprendre que, pour le peuple coréen, il ne s’agit donc pas de simples « îles », mais du point de départ symbolique de l’invasion et de la colonisation. De plus, les îles Senkaku (Diaoyu, pour la Chine continentale et Taïwan) ont été incorporées au territoire japonais en janvier 1895, pendant la guerre sino-japonaise ; trois mois plus tard, Taïwan et les îles Penghu devinrent des colonies nippones. Ces deux territoires ont été annexés à une période, où tant la Corée que la Chine étaient en état de faiblesse et dans l’incapacité de faire valoir le droit international.

3. Cette année marque le quarantième anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la Chine, et plusieurs événements célébrant l’amitié entre les deux pays sont d’ores et déjà prévus. Cette atmosphère amicale s’est détériorée quand le gouverneur de Tokyo Ishihara Shintaro a fait savoir qu’il voulait acheter trois des îlots des Senkaku et qu’en réponse, le gouvernement a décidé de les nationaliser. Il est normal que la Chine ait interprété ce geste comme une provocation et une volonté de rompre le statu quo en vigueur jusqu’alors. Et l’on peut regretter que les propos de M. Ishihara n’aient soulevé que peu de critiques. En outre, la décision de M. Noda a été annoncée le 7 juillet — jour anniversaire de l’incident du pont « Lu Gou » (Marco Polo) de 1937 [1], qui a marqué le début de l’invasion du territoire chinois par le Japon. Ce qui est connu en Chine comme l’incident du « 7.7 » et reste ancré dans les mémoires.

4. Dans tous les pays, les disputes territoriales alimentent le nationalisme et sont utilisées par les autorités politiques comme un exutoire aux frustrations et contradictions internes. Une action d’un côté engendre une réaction de l’autre, et l’escalade continue au point de rendre la situation incontrôlable et d’en arriver à un affrontement armé. Nous nous opposons à tout usage de la violence et nous insistons sur le fait que la question doit être résolue par le dialogue pacifique. Les dirigeants politiques et les médias ont une responsabilité dans la lutte contre le nationalisme et dans la promotion du dialogue. Alors que l’on est en train de tomber dans un cercle vicieux, le rôle des médias pour stopper l’escalade nationaliste, faciliter la réflexion sur l’histoire et appeler au calme devient plus crucial que jamais.

5. Quant aux questions territoriales proprement dites, les seules options possibles sont le dialogue et les négociations. C’est pourquoi le Japon doit sortir de sa position fictive, selon laquelle il n’existerait pas de « problème de territoire » (à propos des Senkaku). Sans reconnaissance de l’existence du problème, il ne peut y avoir de consultation ni de dialogue. De plus, il faut ajouter que la notion de « territoire naturel » [employée par le gouvernement japonais] n’est acceptable pour aucune des parties.

6 . Durant la période nécessaire de consultation et de négociation, le statu quo devrait prévaloir et les actions provocatrices devraient être bannies de tous côtés. Des règles de bonne conduite devraient être adoptées. A l’image de ce qu’a proposé, le 5 août dernier, le président taïwanais Ma Ying-jeou avec son « initative de paix en mer de Chine orientale ». Il a appelé à une modération des actes de chacun afin de prévenir toute escalade, d’éviter tout affrontement, de ne pas abandonner les voies du dialogue, d’aller vers un consensus et l’établissement de normes communes pour les activités dans cette zone maritime — des recommandations extrêmement calmes et raisonnables. De telles voix devraient être partagées et renforcées.

7. La zone maritime autour des Senkaku a été un espace de pêche, d’échanges et de vie pour les habitants d’Okinawa [île japonaise] comme pour ceux de Taïwan. Aucun des pêcheurs ne souhaite voir ces îles transformées en zone de conflits. Nous devons respecter l’opinion de ceux qui y vivent et y travaillent.

8. Le plus important aujourd’hui est que le Japon exprime clairement ce qui fut son histoire — l’invasion des pays voisins — et présente ses regrets. Il devrait réaffirmer les accords internationaux : avec la Chine, le communiqué commun de 1972 et le traité de paix et d’amitié de 1978 ; avec la Corée du Sud, la déclaration de partenariat de 1998 ; avec la Corée du Nord, la déclaration de Pyongyang de 2002. Il devrait également respecter ses propres déclarations reconnaissant sa responsabilité historique : la déclaration du secrétaire général du gouvernement Kono Yohei en 1993, celle des premiers ministres Murayama Tomiichi en 1995 et Kan Naoto en 2010. Dans la foulée, le Japon doit clairement s’engager dans la voie de la réconciliation, de l’amitié et de la coopération avec ses voisins. Les résultats d’une recherche historique, tant au niveau gouvernemental qu’à celui des citoyens, entre le Japon et la Corée d’une part, le Japon et la Chine d’autre part, devraient être réexaminés, comme devrait l’être la déclaration commune d’intellectuels japonais et sud-coréens, qui en 2010 ont déclaré nul le traité d’annexion de la Corée de 1910.

9. La seule voie pour sortir du conflit dans les zones contestées est le codéveloppement et l’utilisation conjointe des ressources dans les territoires litigieux. Si la souveraineté ne peut être partagée, la gestion et la distribution des richesses peuvent l’être, y compris celles de la pêche. Plutôt que de s’affronter, les nations devraient poursuivre le dialogue, la consultation de toutes les parties pour arriver à une meilleure connaissance des ressources et à un partage des intérêts. Nous devons sortir du conflit qui alimente le nationalisme pour jeter de nouvelles bases de coopération régionale.

10. Le fardeau pesant sur Okinawa [qui abrite les principales bases américaines, fort contestées par la population] ne doit pas s’alourdir au nom des tensions régionales, ni à travers un renforcement du pacte de sécurité américano-japonais ou au déploiement des V-22 Osprey, un nouveau type d’avion de transport à décollage vertical.

11. Enfin, nous proposons de créer un cadre de concertation à un niveau non gouvernemental réunissant des citoyens du Japon, de la Chine, de la Corée, de Taïwan et d’Okinawa, avec un point de vue tourné vers l’avenir dans un esprit de confiance mutuelle et de bonne foi.

Notes

 

[1] Tokyo prétexta l’enlèvement d’un de ses soldats, qui s’entraînaient à une quinzaine de kilomètres de Pékin, près du pont Marco Polo, pour s’emparer de la capitale chinoise et étendre la guerre à tout le pays.

lundi 29 octobre 2012

Contre le nationalisme japonais, le romancier Oe Kenzaburo reprend la plume

Par Martine Bulard
26/10/2012
source : http://blog.mondediplo.net

english version 

Les provocations succèdent aux provocations en mer de Chine. L’été a été occupé par le face-à-face entre les bateaux chinois et philippins. Depuis la rentrée, c’est à l’est que les escarmouches prolifèrent : entre le Japon et la Corée du Sud, autour de l’île Dodko — pour les Coréens — ou Takeshima — pour les Japonais ; entre le Japon et la Chine pour les îles Senkaku (nom japonais) ou Diaoyu (nom chinois). Pourquoi ce regain de tension ? Stephanie Kleine-Ahlbrandt apporte une série d’éclairages pour comprendre la stratégie de Pékin dans le prochain numéro du Monde diplomatique (daté de novembre, en vente le 28 octobre).

Au Japon, la montée du nationalisme inquiète les citoyens — non sans raison. L’un des fers de lance de ce courant de pensée, le gouverneur de Tokyo, M. Ishihara Shintaro, a démissionné de son poste afin de créer un parti nationaliste en bonne et due forme. Il est à l’origine de la relance du conflit entre Pékin et Tokyo. En août, il avait lancé une souscription pour la nationalisation de trois îlots des Senkaku qui appartenaient à un richissime homme d’affaires nippon, et le gouvernement lui a officiellement emboîté le pas.

Plusieurs intellectuels japonais se sont émus de cette escalade. Dans un texte publié à la « une » du quotidien Asahi Shimbun (28 septembre), l’écrivain Murakami Haruki regrette que ces tensions distendent les liens construits avec la Chine. On peut, écrit-il, comparer le nationalisme à « un alcool bon marché et de mauvaise qualité que l’on distribue aux gens gratuitement. En quelques verres, ils sont pris de frénésie et perdent le contrôle d’eux-mêmes. Mais quand ils se réveillent le lendemain, il ne reste qu’un vilain mal de tête. Nous devons être très prudents face aux hommes politiques et aux polémistes qui distribuent à tout-va ces mauvais breuvages ».

Enfin, porté par des intellectuels de renom, dont le romancier Oe Kenzaburo, Prix Nobel de littérature en 1994, un manifeste contre le nationalisme d’Etat avait déjà recueilli deux mille signatures (au 22 octobre) avant d’être remis au premier ministre le vendredi 26. Une mobilisation que l’on n’avait pas vue depuis longtemps.

Voici une traduction de ce manifeste.

En finir avec le cercle vicieux des conflits territoriaux

 

Un appel des citoyens japonais.

1. Les tensions s’avivent autour des îles Senkaku et Takeshima. C’est particulièrement triste et regrettable, car elles interviennent sous un gouvernement dirigé depuis 2009 par le Parti démocratique du Japon (PDJ), qui se fixait comme priorité de tourner le Japon vers l’Asie de l’Est et d’établir des relations d’égal à égal avec les Etats-Unis ; elles se déroulent après le mouvement de sympathie qui s’est manifesté après le tsunami du 11 mars 2011, ainsi que l’élan de solidarité des dirigeants chinois et coréens Wen Jiabao et Lee Myung-bak, qui ont alors visité les zones sinistrées. La Corée et la Chine sont deux amis importants pour le Japon, et des partenaires pour construire la paix et la prospérité dans la région. Les liens économiques entre les nations ne peuvent être rompus, et ces relations sont appelées à s’approfondir. En tant que citoyens du Japon, nous sommes profondément préoccupés par la situation actuelle, et faisons la déclaration suivante.

2. On parle de « conflit territorial ». Mais il ne faut pas oublier le contexte historique de ces problèmes — et notamment l’histoire du Japon, en tant qu’agresseur en Asie. En arrière-plan de la visite de M. Lee Myung-bak sur les îles Takeshima/Dokdo se trouve l’affaire des esclaves sexuelles des anciens militaires japonais, connues sous l’appellation de « femmes de réconfort ». Durant l’été 2011, la Cour constitutionnelle de Corée a adopté une résolution sur cette question. A la fin de la même année, lors du sommet de Kyoto, le président coréen a, de nouveau, soulevé ce sujet dont on dit qu’il est à la source des problèmes actuels. Mais le premier ministre Noda Yoshihiko a évité de répondre. Lors de son discours pour l’anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août dernier, le président Lee a une nouvelle fois appelé le Japon à prendre « des mesures responsables » pour régler cette question des « femmes de réconfort ». Les revendications du Japon sur les Takeshima/Dokdo remontent à 1905, lors de la guerre russo-japonaise, au moment où la colonisation de la Corée était lancée et où le droit international reculait. Les Japonais doivent comprendre que, pour le peuple coréen, il ne s’agit donc pas de simples « îles », mais du point de départ symbolique de l’invasion et de la colonisation. De plus, les îles Senkaku (Diaoyu, pour la Chine continentale et Taïwan) ont été incorporées au territoire japonais en janvier 1895, pendant la guerre sino-japonaise ; trois mois plus tard, Taïwan et les îles Penghu devinrent des colonies nippones. Ces deux territoires ont été annexés à une période, où tant la Corée que la Chine étaient en état de faiblesse et dans l’incapacité de faire valoir le droit international.

3. Cette année marque le quarantième anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la Chine, et plusieurs événements célébrant l’amitié entre les deux pays sont d’ores et déjà prévus. Cette atmosphère amicale s’est détériorée quand le gouverneur de Tokyo Ishihara Shintaro a fait savoir qu’il voulait acheter trois des îlots des Senkaku et qu’en réponse, le gouvernement a décidé de les nationaliser. Il est normal que la Chine ait interprété ce geste comme une provocation et une volonté de rompre le statu quo en vigueur jusqu’alors. Et l’on peut regretter que les propos de M. Ishihara n’aient soulevé que peu de critiques. En outre, la décision de M. Noda a été annoncée le 7 juillet — jour anniversaire de l’incident du pont « Lu Gou » (Marco Polo) de 1937 [1], qui a marqué le début de l’invasion du territoire chinois par le Japon. Ce qui est connu en Chine comme l’incident du « 7.7 » et reste ancré dans les mémoires.

4. Dans tous les pays, les disputes territoriales alimentent le nationalisme et sont utilisées par les autorités politiques comme un exutoire aux frustrations et contradictions internes. Une action d’un côté engendre une réaction de l’autre, et l’escalade continue au point de rendre la situation incontrôlable et d’en arriver à un affrontement armé. Nous nous opposons à tout usage de la violence et nous insistons sur le fait que la question doit être résolue par le dialogue pacifique. Les dirigeants politiques et les médias ont une responsabilité dans la lutte contre le nationalisme et dans la promotion du dialogue. Alors que l’on est en train de tomber dans un cercle vicieux, le rôle des médias pour stopper l’escalade nationaliste, faciliter la réflexion sur l’histoire et appeler au calme devient plus crucial que jamais.

5. Quant aux questions territoriales proprement dites, les seules options possibles sont le dialogue et les négociations. C’est pourquoi le Japon doit sortir de sa position fictive, selon laquelle il n’existerait pas de « problème de territoire » (à propos des Senkaku). Sans reconnaissance de l’existence du problème, il ne peut y avoir de consultation ni de dialogue. De plus, il faut ajouter que la notion de « territoire naturel » [employée par le gouvernement japonais] n’est acceptable pour aucune des parties.

6 . Durant la période nécessaire de consultation et de négociation, le statu quo devrait prévaloir et les actions provocatrices devraient être bannies de tous côtés. Des règles de bonne conduite devraient être adoptées. A l’image de ce qu’a proposé, le 5 août dernier, le président taïwanais Ma Ying-jeou avec son « initative de paix en mer de Chine orientale ». Il a appelé à une modération des actes de chacun afin de prévenir toute escalade, d’éviter tout affrontement, de ne pas abandonner les voies du dialogue, d’aller vers un consensus et l’établissement de normes communes pour les activités dans cette zone maritime — des recommandations extrêmement calmes et raisonnables. De telles voix devraient être partagées et renforcées.

7. La zone maritime autour des Senkaku a été un espace de pêche, d’échanges et de vie pour les habitants d’Okinawa [île japonaise] comme pour ceux de Taïwan. Aucun des pêcheurs ne souhaite voir ces îles transformées en zone de conflits. Nous devons respecter l’opinion de ceux qui y vivent et y travaillent.

8. Le plus important aujourd’hui est que le Japon exprime clairement ce qui fut son histoire — l’invasion des pays voisins — et présente ses regrets. Il devrait réaffirmer les accords internationaux : avec la Chine, le communiqué commun de 1972 et le traité de paix et d’amitié de 1978 ; avec la Corée du Sud, la déclaration de partenariat de 1998 ; avec la Corée du Nord, la déclaration de Pyongyang de 2002. Il devrait également respecter ses propres déclarations reconnaissant sa responsabilité historique : la déclaration du secrétaire général du gouvernement Kono Yohei en 1993, celle des premiers ministres Murayama Tomiichi en 1995 et Kan Naoto en 2010. Dans la foulée, le Japon doit clairement s’engager dans la voie de la réconciliation, de l’amitié et de la coopération avec ses voisins. Les résultats d’une recherche historique, tant au niveau gouvernemental qu’à celui des citoyens, entre le Japon et la Corée d’une part, le Japon et la Chine d’autre part, devraient être réexaminés, comme devrait l’être la déclaration commune d’intellectuels japonais et sud-coréens, qui en 2010 ont déclaré nul le traité d’annexion de la Corée de 1910.

9. La seule voie pour sortir du conflit dans les zones contestées est le codéveloppement et l’utilisation conjointe des ressources dans les territoires litigieux. Si la souveraineté ne peut être partagée, la gestion et la distribution des richesses peuvent l’être, y compris celles de la pêche. Plutôt que de s’affronter, les nations devraient poursuivre le dialogue, la consultation de toutes les parties pour arriver à une meilleure connaissance des ressources et à un partage des intérêts. Nous devons sortir du conflit qui alimente le nationalisme pour jeter de nouvelles bases de coopération régionale.

10. Le fardeau pesant sur Okinawa [qui abrite les principales bases américaines, fort contestées par la population] ne doit pas s’alourdir au nom des tensions régionales, ni à travers un renforcement du pacte de sécurité américano-japonais ou au déploiement des V-22 Osprey, un nouveau type d’avion de transport à décollage vertical.

11. Enfin, nous proposons de créer un cadre de concertation à un niveau non gouvernemental réunissant des citoyens du Japon, de la Chine, de la Corée, de Taïwan et d’Okinawa, avec un point de vue tourné vers l’avenir dans un esprit de confiance mutuelle et de bonne foi.

Notes

 

[1] Tokyo prétexta l’enlèvement d’un de ses soldats, qui s’entraînaient à une quinzaine de kilomètres de Pékin, près du pont Marco Polo, pour s’emparer de la capitale chinoise et étendre la guerre à tout le pays.

samedi 11 juin 2011

Le Japon bientôt inhabitable ?


 
 
 
Cela fait trois mois aujourd’hui que la catastrophe nucléaire de Fukushima a eu lieu, et malgré les tentatives du lobby nucléaire qui tente de nous rassurer, la situation est aux antipodes d’être réglée.

Miguel Quintana, journaliste indépendant basé au Japon essaye de faire le point, malgré toutes les tentatives de désinformation lancées par Tepco, et le gouvernement Japonais.

90 000 japonais ont été déplacés, vivant dans 2400 centres d’accueil, et qui malgré les invitations de relogement proposées par le gouvernement, préfèrent rester dans ces centres, car étant sans revenus, quitter ces lieux d’accueil, les priverait de rations alimentaires, et les obligeraient à assurer leur survie, alors qu’ils n’en ont pas les moyens.

D’autre part, les fonds récoltés grâce à la solidarité mondiale tardent à parvenir aux intéressés, suite, semble-t-il à la désorganisation des services sociaux japonais.

Même si l’information a été distillée au compte goutte, Tepco avoue maintenant avoir menti : les réacteurs 1, 2 et 3 avaient effectivement fondus quelques heures après le tsunami.

On peut voir sur cette vidéo, un ralenti saisissant de la première explosion.

Le 7 juin l’agence de sécurité nucléaire et industrielle japonaise a avoué que les doses de radioactivité qui ont été réellement relâchées sont de l’ordre du double de ce qui avait été dit.

L’estimation d’origine était de 370 000 terra becquerels, elle est passée à 770 000, et ces chiffres ne sont pas définitifs, puisque la centrale continue à relâcher chaque jour toujours plus de radioactivité, dans l’air et dans l’eau, car les fuites d’eau contaminée continuent de se produire.

En effet les sous sols de la centrale sont totalement inondés, (plus de 100 000 tonnes d’eau radioactive s’y trouvent actuellement correspondant à 720 000 tbq) et les nombreuses fissures provoquent bien évidemment des fuites continuelles.

Fin mai le ministère des sciences japonais nous annonçait la découverte de niveaux d’irradiation plusieurs centaines de fois supérieurs à la norme au fond de l’Océan Pacifique sur une zone de plus de 300 km de long.

Comme le dit le journaliste, on assiste à un crescendo d’informations.

Quant aux travailleurs qui tentent de travailler dans la centrale, ils sont exposés à des doses de radiation de l’ordre de 4000 mSv/heure dans le bâtiment du réacteur n°1, ce qui fait douter des affirmations de Tepco qui prétend pouvoir régler la situation d’ici la fin de l’année.

Aujourd'hui, personne, Tepco y compris, ne sait ce qui se passe vraiment dans la centrale, et tant que l’eau irradiée y restera stockée, la pollution radioactive continuera de se dégager.
L’interview complète est sur ce lien.

Aujourd’hui, la centrale fumante continue donc à relâcher de la radioactivité qui fait allègrement le tour de la terre, s’accumulant dans l’eau, le sol et nos aliments chaque jour un peu plus comme on peut le constater dans cette vidéo

Les travaux ont été suspendus dans le réacteur n° 3, celui qui pose le plus de problème, puisqu’il fonctionnait au Mox (uranium et surtout plutonium), et on a mesuré sur le site 100 millions de becquerels par cm3. lien
Les travailleurs ne peuvent pas s’approcher plus de 30 minutes des bâtiments, vu le taux d’irradiation, la piscine du bâtiment n°4 menace de s’écrouler, et la situation va se compliquer encore, puisque la saison des pluies va commencer au Japon. lien

C’est une situation insoluble, car d’une part, l’exploitant est obligé d’arroser continuellement les réacteurs, pour freiner la montée en température, et d’autre part, il ne sait que faire des milliers de mètres cubes d’eau radioactive, même si Areva promet de trouver une solution pour traiter cette eau.
De plus l’exploitant envisage de relâcher en mer 3000 tonnes d’eau « faiblement radioactive » provenant de la centrale de Fukushima daini. lien

Au sujet de cette seconde centrale, Tepco se montre peu bavard, et on s’interroge en haut lieu suite à une fuite d’huile inexpliquée, un incendie sur un tableau électrique, et la présence d’eau de mer dans une installation jugée hermétique. lien

Tepco a perdu plus de 90% de sa valeur boursière.
Dans cette vidéo, Yves Marignac, directeur de Wise-Paris propose son analyse de la situation, 3 mois après la catastrophe.

La situation n’est toujours pas contrôlée, les fuites continuent, et tout ce que peut faire l’exploitant, c’est d’arroser en continu les réacteurs en fusion, afin d’empêcher une aggravation de la situation. vidéo
Un rapport gouvernemental confirme la fonte totale des 3 réacteurs, évoquant un emballement du cœur du combustible nucléaire à l’intérieur de ceux-ci, faisant couler celui-ci au fond des réacteurs (syndrome chinois) pouvant traverser l’enceinte de confinement.

Dans une interview donnée au Wall Street Journal, un haut fonctionnaire, Ichiro Ozawa évoque la possibilité de la perte totale du pays, celui-ci pouvant devenir totalement inhabitable. lien
Le journal japonais « Daily Yomiuri  » affirme que nous vivons « le pire aboutissement d’un accident nucléaire ». lien

De plus en plus de personnes sont évacuées chaque jour, lesquelles viennent compliquer la situation déjà précaire, des réfugiés.

Les premiers effets de la radioactivité commencent à être constatés, avec la naissance d’un lapin mutant, sans oreilles. lien

On ne sait pas encore si le Japon va devoir être totalement évacué dans les mois à venir, mais on est sur que la situation devient critique à Tokyo.

En effet, dès le 16 mars, Agnès Buzyn, présidente du conseil d’administration de l’IRSN, et professeur d’hématologie à l’hôpital Necker de Paris, avait envisagé, sur l’antenne de France Info, cette éventualité dans les heures ou les jours à venir. lien

D’ailleurs, le 7 juin, un habitant de la banlieue de Tokyo, compteur à la main, à constaté que le taux de radiation élevée, mesuré dans la rue, chez lui, et sur son toit, ne devrait pas lui permettre de sortir, ni de manger des légumes de jardin. lien

Les mesures ont atteint 48 000 mS/heure, ce qui est la limite maximum autorisée pour les travailleurs du nucléaire. lien

On s’achemine donc vers une évacuation des 36 millions de japonais habitant à Tokyo.
Le nucléaire qui devait être le salut des économies industrielles, est en train d’en devenir le fossoyeur, puisqu’au Japon, on est dans l’expectative : exposer la population aux risques que l’on sait, afin que l’économie reprenne, ou laisser s’achever la débâcle en cours. lien

Pour ceux qui auraient raté l’émission « envoyé spécial  » consacrée sur la 2ème chaine au nucléaire, c’est sur ce lien.

Mais en France, l’autocrate présidentiel droit dans ses bottes continue contre vents et marées de défendre l’indéfendable, au même moment ou une étude confirme la certitude statistique (estimée de 50%) d’un possible accident nucléaire dans notre pays. lien

Aujourd’hui, on sait que, contrairement aux attentes des lobbys pro nucléaires, l’électricité nucléaire est la plus chère.

En effet, entre le démantèlement des centrales, estimé à 17 milliards par EDF, mais qui devrait allègrement franchir la barre des 200 milliards, le traitement des déchets, toujours sans solution acceptable, et le dédommagement des citoyens touchés par un accident, on constate que le prix du kilowatt nucléaire est largement sous estimé. lien

Quant aux fameux tests de résistance prévus en Europe, ils font déjà l’objet de critiques acerbes de la part de nombreux eurodéputés, qui dénoncent leur insuffisance. lien

La profonde divergence constatée par le commissaire Oettinger est surtout basée sur le fait que certains pays, dont la France, refusent d’envisager la possibilité d’une attaque terroriste. lien

Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, une pétition pour l'interdiction du combustible mox sur toute la planète. lien
Et sur ce lien, la pétition pour un référendum en faveur de la sortie du nucléaire : elle vise le million de signatures.

Le 11 juin, date anniversaire de la catastrophe, des manifestations auront lieu un peu partout dans le monde. lien

Pour avoir une vision chronologique de la situation à Fukushima, on peut aller visiter avec profit ce très bon site proposé par l’ACRO, ce laboratoire indépendant qui mesure régulièrement la pollution radioactive du sol et des plantes de notre pays. lien

L’échéance donnée par les Mayas pour fin 2012, ou même selon d’autres sources pour octobre 2011 ne devrait rassurer personne, (lien) en ces temps troubles ou de nombreux chercheurs évoquent avec inquiétude le réveil de la ceinture de feu. lien

D’autant que le 4 juin dernier, une centrale nucléaire égyptienne a connu quelques difficultés, puisqu’après une explosion, restée très discrète, une fuite d’eau radioactive a été constatée. lien

Mais comme dit mon vieil ami africain : « Qui s’est brûlé la langue une fois n’oublie jamais de souffler sur sa soupe ».

L’image illustrant l’article provient de « stmichelarchange.org » 

Le Japon bientôt inhabitable ?


 
 
 
Cela fait trois mois aujourd’hui que la catastrophe nucléaire de Fukushima a eu lieu, et malgré les tentatives du lobby nucléaire qui tente de nous rassurer, la situation est aux antipodes d’être réglée.

Miguel Quintana, journaliste indépendant basé au Japon essaye de faire le point, malgré toutes les tentatives de désinformation lancées par Tepco, et le gouvernement Japonais.

90 000 japonais ont été déplacés, vivant dans 2400 centres d’accueil, et qui malgré les invitations de relogement proposées par le gouvernement, préfèrent rester dans ces centres, car étant sans revenus, quitter ces lieux d’accueil, les priverait de rations alimentaires, et les obligeraient à assurer leur survie, alors qu’ils n’en ont pas les moyens.

D’autre part, les fonds récoltés grâce à la solidarité mondiale tardent à parvenir aux intéressés, suite, semble-t-il à la désorganisation des services sociaux japonais.

Même si l’information a été distillée au compte goutte, Tepco avoue maintenant avoir menti : les réacteurs 1, 2 et 3 avaient effectivement fondus quelques heures après le tsunami.

On peut voir sur cette vidéo, un ralenti saisissant de la première explosion.

Le 7 juin l’agence de sécurité nucléaire et industrielle japonaise a avoué que les doses de radioactivité qui ont été réellement relâchées sont de l’ordre du double de ce qui avait été dit.

L’estimation d’origine était de 370 000 terra becquerels, elle est passée à 770 000, et ces chiffres ne sont pas définitifs, puisque la centrale continue à relâcher chaque jour toujours plus de radioactivité, dans l’air et dans l’eau, car les fuites d’eau contaminée continuent de se produire.

En effet les sous sols de la centrale sont totalement inondés, (plus de 100 000 tonnes d’eau radioactive s’y trouvent actuellement correspondant à 720 000 tbq) et les nombreuses fissures provoquent bien évidemment des fuites continuelles.

Fin mai le ministère des sciences japonais nous annonçait la découverte de niveaux d’irradiation plusieurs centaines de fois supérieurs à la norme au fond de l’Océan Pacifique sur une zone de plus de 300 km de long.

Comme le dit le journaliste, on assiste à un crescendo d’informations.

Quant aux travailleurs qui tentent de travailler dans la centrale, ils sont exposés à des doses de radiation de l’ordre de 4000 mSv/heure dans le bâtiment du réacteur n°1, ce qui fait douter des affirmations de Tepco qui prétend pouvoir régler la situation d’ici la fin de l’année.

Aujourd'hui, personne, Tepco y compris, ne sait ce qui se passe vraiment dans la centrale, et tant que l’eau irradiée y restera stockée, la pollution radioactive continuera de se dégager.
L’interview complète est sur ce lien.

Aujourd’hui, la centrale fumante continue donc à relâcher de la radioactivité qui fait allègrement le tour de la terre, s’accumulant dans l’eau, le sol et nos aliments chaque jour un peu plus comme on peut le constater dans cette vidéo

Les travaux ont été suspendus dans le réacteur n° 3, celui qui pose le plus de problème, puisqu’il fonctionnait au Mox (uranium et surtout plutonium), et on a mesuré sur le site 100 millions de becquerels par cm3. lien
Les travailleurs ne peuvent pas s’approcher plus de 30 minutes des bâtiments, vu le taux d’irradiation, la piscine du bâtiment n°4 menace de s’écrouler, et la situation va se compliquer encore, puisque la saison des pluies va commencer au Japon. lien

C’est une situation insoluble, car d’une part, l’exploitant est obligé d’arroser continuellement les réacteurs, pour freiner la montée en température, et d’autre part, il ne sait que faire des milliers de mètres cubes d’eau radioactive, même si Areva promet de trouver une solution pour traiter cette eau.
De plus l’exploitant envisage de relâcher en mer 3000 tonnes d’eau « faiblement radioactive » provenant de la centrale de Fukushima daini. lien

Au sujet de cette seconde centrale, Tepco se montre peu bavard, et on s’interroge en haut lieu suite à une fuite d’huile inexpliquée, un incendie sur un tableau électrique, et la présence d’eau de mer dans une installation jugée hermétique. lien

Tepco a perdu plus de 90% de sa valeur boursière.
Dans cette vidéo, Yves Marignac, directeur de Wise-Paris propose son analyse de la situation, 3 mois après la catastrophe.

La situation n’est toujours pas contrôlée, les fuites continuent, et tout ce que peut faire l’exploitant, c’est d’arroser en continu les réacteurs en fusion, afin d’empêcher une aggravation de la situation. vidéo
Un rapport gouvernemental confirme la fonte totale des 3 réacteurs, évoquant un emballement du cœur du combustible nucléaire à l’intérieur de ceux-ci, faisant couler celui-ci au fond des réacteurs (syndrome chinois) pouvant traverser l’enceinte de confinement.

Dans une interview donnée au Wall Street Journal, un haut fonctionnaire, Ichiro Ozawa évoque la possibilité de la perte totale du pays, celui-ci pouvant devenir totalement inhabitable. lien
Le journal japonais « Daily Yomiuri  » affirme que nous vivons « le pire aboutissement d’un accident nucléaire ». lien

De plus en plus de personnes sont évacuées chaque jour, lesquelles viennent compliquer la situation déjà précaire, des réfugiés.

Les premiers effets de la radioactivité commencent à être constatés, avec la naissance d’un lapin mutant, sans oreilles. lien

On ne sait pas encore si le Japon va devoir être totalement évacué dans les mois à venir, mais on est sur que la situation devient critique à Tokyo.

En effet, dès le 16 mars, Agnès Buzyn, présidente du conseil d’administration de l’IRSN, et professeur d’hématologie à l’hôpital Necker de Paris, avait envisagé, sur l’antenne de France Info, cette éventualité dans les heures ou les jours à venir. lien

D’ailleurs, le 7 juin, un habitant de la banlieue de Tokyo, compteur à la main, à constaté que le taux de radiation élevée, mesuré dans la rue, chez lui, et sur son toit, ne devrait pas lui permettre de sortir, ni de manger des légumes de jardin. lien

Les mesures ont atteint 48 000 mS/heure, ce qui est la limite maximum autorisée pour les travailleurs du nucléaire. lien

On s’achemine donc vers une évacuation des 36 millions de japonais habitant à Tokyo.
Le nucléaire qui devait être le salut des économies industrielles, est en train d’en devenir le fossoyeur, puisqu’au Japon, on est dans l’expectative : exposer la population aux risques que l’on sait, afin que l’économie reprenne, ou laisser s’achever la débâcle en cours. lien

Pour ceux qui auraient raté l’émission « envoyé spécial  » consacrée sur la 2ème chaine au nucléaire, c’est sur ce lien.

Mais en France, l’autocrate présidentiel droit dans ses bottes continue contre vents et marées de défendre l’indéfendable, au même moment ou une étude confirme la certitude statistique (estimée de 50%) d’un possible accident nucléaire dans notre pays. lien

Aujourd’hui, on sait que, contrairement aux attentes des lobbys pro nucléaires, l’électricité nucléaire est la plus chère.

En effet, entre le démantèlement des centrales, estimé à 17 milliards par EDF, mais qui devrait allègrement franchir la barre des 200 milliards, le traitement des déchets, toujours sans solution acceptable, et le dédommagement des citoyens touchés par un accident, on constate que le prix du kilowatt nucléaire est largement sous estimé. lien

Quant aux fameux tests de résistance prévus en Europe, ils font déjà l’objet de critiques acerbes de la part de nombreux eurodéputés, qui dénoncent leur insuffisance. lien

La profonde divergence constatée par le commissaire Oettinger est surtout basée sur le fait que certains pays, dont la France, refusent d’envisager la possibilité d’une attaque terroriste. lien

Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, une pétition pour l'interdiction du combustible mox sur toute la planète. lien
Et sur ce lien, la pétition pour un référendum en faveur de la sortie du nucléaire : elle vise le million de signatures.

Le 11 juin, date anniversaire de la catastrophe, des manifestations auront lieu un peu partout dans le monde. lien

Pour avoir une vision chronologique de la situation à Fukushima, on peut aller visiter avec profit ce très bon site proposé par l’ACRO, ce laboratoire indépendant qui mesure régulièrement la pollution radioactive du sol et des plantes de notre pays. lien

L’échéance donnée par les Mayas pour fin 2012, ou même selon d’autres sources pour octobre 2011 ne devrait rassurer personne, (lien) en ces temps troubles ou de nombreux chercheurs évoquent avec inquiétude le réveil de la ceinture de feu. lien

D’autant que le 4 juin dernier, une centrale nucléaire égyptienne a connu quelques difficultés, puisqu’après une explosion, restée très discrète, une fuite d’eau radioactive a été constatée. lien

Mais comme dit mon vieil ami africain : « Qui s’est brûlé la langue une fois n’oublie jamais de souffler sur sa soupe ».

L’image illustrant l’article provient de « stmichelarchange.org » 

lundi 6 juin 2011

G20-G8, ou la passion des faux problèmes

Par par Frédéric Lordon
pour  http://blog.mondediplo.net

On ne pourra pas dire que le G20-G8 n’a pas d’idées : il en a au moins deux. Une idée théorique (variable) et une idée pratique (fixe). Une idée théorique affichée pour mieux dissimuler l’idée pratique inavouée. À vrai dire, l’idée pratique n’est pas neuve, elle est maintenant d’un robuste classicisme et comme une marque de fabrique en train de se patiner : tout faire pour ne rien avoir à faire – contre la déréglementation financière – et envoyer des leurres en tous sens. C’est simplement l’idée théorique – le leurre – dont elle se sert comme d’un paravent qui est régulièrement renouvelée, sans doute pour éviter la lassitude du public et mieux donner l’air de la grande activité. Quelques effets d’apprentissage suffisent pour se faire à l’idée que les « sujets » poussés sur le devant de la scène du G20-G8 sont claironnés en exacte proportion de ce qu’ils sont inoffensifs. En 2009, l’« idée théorique » veut que bonus et paradis fiscaux soient coupables de tout. On annonce de terribles représailles. Que la réalité accompagne le fantasme n’a jamais été le souci dominant de M. Sarkozy : il suffit que les choses soient dites. Au demeurant, tous ses collègues jugent également opportun le double choix et de la voie de garage et de ne la parcourir qu’en mots… En 2010, place à la « guerre des monnaies » – et il faudrait être vraiment mauvais coucheur pour ne pas être d’accord avec le G20 qui aime la paix. L’année 2011 connaît un raffinement certain du « modèle ». Le principe général de ne rien faire est évidemment maintenu – c’est tout de même l’idée ! –, son opérationnalisation sous la forme d’un sujet bien périphérique a abondamment fait ses preuves, on n’en changera donc pas, mais cette année un réel effort est fait pour promener le public encore plus loin que d’habitude. En 2011, la « théorie » propose : « excès de liquidité » et « déséquilibres globaux » (global imbalances). Triple bénéfice d’une posture avantageuse mêlant la technicité et la hauteur de vue – les « déséquilibres globaux » présentent tout de même autrement mieux que ces petites histoires crapoteuses de listings et de paradis fiscaux –, de l’affichage d’un objectif de « rééquilibrage global » rigoureusement inatteignable, et (par conséquent) de la certitude d’une diversion sans espoir aucun de se refermer jamais !

Pourquoi y a-t-il des bulles (et puis des crises) ? Réponse G20-G8 : parce qu’il y a excès des liquidités déversées sur les marchés. Mais au fait, d’où viennent ces liquidités en excès qui, par bulles et crises interposées, font parfois un peu dérailler la mondialisation ? Eh bien… de la mondialisation même ! C’est là qu’est l’os.

La politique monétaire de la Réserve Fédérale ? 

 

Dans l’élégante chorégraphie des Retournés – comprendre : tous les valeureux qui, ayant chanté les louanges du système pendant deux décennies, ont assisté médusés à son effondrement et compris qu’il était temps d’en dire rétrospectivement un peu de mal s’ils voulaient survivre au ridicule – le passage brutal du Greenspan-licking au Greenspan-bashing aura été un morceau de bravoure. Car les mêmes qui s’étaient pâmés si longtemps à célébrer l’homme-qui-parle-à-l’oreille-des-marchés n’ont rien trouvé de mieux que d’en faire immédiatement leur tête de turc, conformément d’ailleurs à un réflexe type de la pensée libérale qui cherche des coupables pour mieux éviter de mettre en question les structures. Dans la galerie des affreux, Kerviel, trop grossièrement crapuleux, a été laissé aux journalistes, mais Greenspan, un banquier central tout de même, voilà qui permettait de se mettre du bon côté du doigt accusateur tout en conservant la hauteur de vue du discours de « la politique monétaire ». Le génie aussitôt transmuté à l’état de cloche est donc passé du pinacle au pilori au motif que sa politique économique, elle-même révisée de « brillante » à « nulle », était déclarée responsable de tout, notamment de « l’excès de liquidité » – qui fait les bulles.

Mais c’était ne pas voir d’abord que la politique monétaire étasunienne, loin d’avoir la souveraineté qu’on lui a spontanément prêtée était bien plutôt à l’état d’automate asservi, et contrainte de créer un environnement de crédit susceptible de soutenir à tout prix la dépense des ménages quand le revenu de ces derniers était comprimé par toutes les tendances structurelles – actionnariales et concurrentielles – de la « mondialisation » même. C’était ne pas voir non plus combien la relance monétaire permanente était devenue la seule solution disponible pour éponger les crises successives d’une finance spéculative congénitalement instable depuis que toutes les forces en ont été libérées par… la mondialisation. Si bien que le rattrapage de chaque crise préparait immanquablement la suivante, le flot de liquidité ayant pour seul tâche d’identifier le nouveau compartiment de marché où aller reprendre la nouba : marchés émergents, valeurs technologiques, produits dérivés de crédits immobiliers, etc. Pour hors-norme que soit la crise ouverte depuis 2007, elle n’a pas été traitée par d’autres moyens – avec pour seule perspective, la reconduction à terme des mêmes effets…
Mais c’est que la contradiction est logée au cœur même de la mondialisation financière : le système bancaire privé continue de devoir être porté à bout de bras par les banques centrales, la chose est spécialement vraie des banques grecques, espagnoles, irlandaises et portugaises (qui à elle seules absorbent actuellement les deux tiers des concours de liquidités de la Banque centrale européenne…) ; quant aux Etats-Unis ça n’est pas pour rien que depuis 2008 la Réserve fédérale a vu son passif multiplié par deux… Ce sont les crises financières mêmes qui forcent les réponses de la politique monétaire vouées à reproduire les crises – et ceci du fait du maintien obstiné des structures de la libéralisation financière. Supposé le retour à la normale, rien ne permet de penser que les conditions monétaires faites à la finance privée deviendraient sensiblement plus restrictives. Sans doute, comme après chaque grande « ouverture des vannes », les taux d’intérêt remonteraient-ils graduellement à des niveaux moins inhabituels, mais pas au point de menacer sérieusement la profitabilité des institutions financières.

Car, sans en être des rouages totalement asservis, et conservant une certaine autonomie formelle, les banques centrales actuelles n’en sont pas moins parties au complexe d’ensemble du capital financier : elles en défendent les structures, tiennent la libéralisation des marchés de capitaux pour une évidence doublée d’une vertu, se sont systématiquement opposées aux tentatives même modestes d’en limiter l’étendue, ont conduit depuis le milieu des années 1980 des politiques anti-inflationnistes et pressé sans relâche les gouvernements à l’orthodoxie des finances publiques, c’est-à-dire fait basculer la monnaie-finance dans ce que Keynes appelait un « régime de créanciers », enfin se sont posées à chaque crise comme la Providence seule capable de sauver le système… et de le faire repartir pour un tour. En définitive, les banques centrales n’entrent avec la finance privée que dans des conflits secondaires et lorsque cette dernière, aveuglée par ses intérêts les plus bornés, en vient à faire sauter le système qui fait pourtant sa prospérité. Plaise au ciel donc, si les bénéficiaires immédiats du système sont trop bêtes pour ne pas menacer de ruiner le système, qu’il se trouve dans le paysage un agent plus rationnel et plus puissant qu’eux pour prendre le point de vue du système lui-même et veiller à sa conservation…

Des taux d’intérêt dédoublés pour asphyxier la finance 

 

Rouages particuliers, jouant certes leur partition à elles hors de toute « commande » formelle, mais néanmoins en conformité avec les réquisits supérieurs de l’ensemble, les banques centrales sont donc spécialement mal placées pour entrer dans une stratégie d’attrition de la finance par restriction de la liquidité. Elles le sont d’autant plus que leur seul instrument en cette matière, le relèvement des taux d’intérêt, auraient des effets collatéraux catastrophiques sur l’économie réelle – qui n’y est pour rien ! Est-il pour autant certain, abstraitement parlant, que les banques centrales ne puissent rien en cette matière ? Non, pourvu du moins qu’elles se dotent des outils adéquats. Il est bien vrai que les banques centrales, à supposer qu’elles le veuillent – clause d’importance… –, se trouveraient prises dans un conflit d’objectifs lié au fait de vouloir poursuivre deux finalités contradictoires (la stabilité financière et la croissance économique) avec un seul instrument (le taux d’intérêt). Quitte à ré-enfoncer un clou déjà tapé, on pourrait suggérer à nouveau [1] de résoudre assez simplement ce conflit par rétablissement de la parité entre les objectifs et les instruments, plus précisément en envisageant un système de taux d’intérêt dédoublés, dont l’un, disons le taux d’intérêt « productif » ou « économique » serait réservé au refinancement des crédits dirigés vers les agents de l’économie réelle, et l’autre, le taux d’intérêt « spéculatif » s’appliquerait au refinancement des crédits dirigés vers les opérations financières. Faire le départ de ces deux sortes d’opération est largement à la portée de l’appareil statistique de la banque centrale qui collige tous les documents comptables bancaires, les banques de second rang étant alors refinancées à un coût global formé au prorata de leurs diverses catégories de crédit. Rien n’interdirait plus de pouvoir tenir le coût du crédit à l’économie au niveau le meilleur pour un objectif composite de croissance et d’inflation (des biens et services) et d’élever aussi haut qu’on veut le taux d’intérêt « spéculatif » pour affamer les marchés de capitaux et tuer l’inflation des actifs financiers – et elle seule.

Deux objections surgissent immédiatement. En premier lieu, le crédit n’est pas le seul carburant des marchés – où se déversent également toutes les épargnes collectées par les diverses catégories d’investisseurs institutionnels. Mais enfin nul n’a jamais cru à la silver bullet, cette unique balle en argent tueuse à coup sûr du vampire, et c’est un arsenal qu’il faut déployer pour en finir avec la libéralisation financière [2] : gagner sur la part « crédit » du flot global qui alimente les marchés ne fera sans doute pas tout, mais ce sera déjà quelque chose. On dira ensuite que l’abattement de toutes les frontières de la finance autorise des liquidités créées à l’autre bout du monde, par une banque centrale qui ne l’entendrait pas de cette oreille, à venir s’investir sans restriction sur nos marchés (ou « nos » renvoie à la circonscription qu’on voudra : celle d’un marché national ou d’un marché régional). Il faut donc redire que, sauf à poursuivre la chimère d’une re-régulation financière globale (à l’échelle de la planète) et qui ne serait pas qu’un inoffensif filet d’eau tiède (à l’image des misérables proposition du comité de Bâle), la re-régulation « sérieuse » ne s’envisage qu’à l’échelle régionale… c’est-à-dire dûment complétée par un appareil de protections adéquates (sous la forme de stricts contrôles des mouvements de capitaux et des filiales d’institutions financières non résidentes autorisées à opérer) pour désarmer les stratégies d’« arbitrage réglementaire » [3] et parer à la contamination par une finance du dehors qui sera restée à l’état sauvage – c’est-à-dire à l’état actuel.

Il reste que l’idée des taux d’intérêt dédoublés aurait de quoi intéresser même les banquiers centraux d’aujourd’hui, pas spécialement ravis de se trouver pris en otage par le secteur bancaire privé qui lui force la main à son secours en situation de crise grave. Mais l’inconséquence n’est pas la chose du monde la moins partagée, et les banques centrales qui ne veulent pas se trouver tous les quatre matins en situation de prêteur en dernier ressort contraint ne veulent pas non plus des outils qui leur permettraient d’éviter de l’être…

Les excédents des Émergents, entre souvenir de la mondialisation passée et effets de la mondialisation présente 

 

Mais l’excès de liquidités a-t-on dit n’est pas le fait que des banques centrales. D’où vient-il alors ? Si l’on met de côté la collecte ordinaire des épargnes dans les pays du Nord, dont les volumes globaux n’ont pas significativement varié en moyenne période, l’explosion des accumulations de liquidités réinvesties sur les marchés est venue pour l’essentiel de la polarisation des soldes commerciaux, au profit des pays émergents… et comme un pur produit des tendances présentes de la mondialisation. C’est ici que la scène du G20-G8 prend l’allure d’une foire aux intérêts particuliers – mais tous bien fondés !
Car les pays du Nord auront du mal à venir faire la leçon aux Émergents pour avoir accumulé de colossales réserves de change – dont on imagine mal qu’elles puissent rester oisives, et qui, cherchant logiquement à s’employer, reviennent se déverser sur les marchés de capitaux. On leur fera en effet difficilement la leçon car, permises par leurs excédents commerciaux, ces accumulations de réserves sont aussi marquées de la mémoire cuisante des crises de 1997-1998, et ont été délibérément constituées pour faire face à l’éventualité de nouvelles attaques spéculatives. C’est que ces pays (Thaïlande, Corée, Hong Kong, mais aussi Brésil, Russie, etc.) ont eu à connaître de près les joies de la mondialisation financière et se souviennent encore des désastres qui avaient suivi des retournements brutaux de la hot money, flots de capitaux courts, exclusivement spéculatifs, qui les avaient fuis avec le même excès qu’ils avaient mis à les investir. L’élévation fulgurante des taux d’intérêt rendue nécessaire pour défendre des parités en plein effondrement avait ruiné leur croissance, et c’est précisément pour se prémunir contre ce genre de nuisance que ces pays ont fait le choix d’amasser des réserves, seul moyen de soutenir avec quelque chance de succès une guerre spéculative sur le marché des changes.

Pour des économies durablement marquées par de tels événements, les seules solutions rationnelles consistent soit en une suspension ad hoc des règles de la mondialisation financière, par exemple au travers de dispositifs de contrôle des flux entrants – et c’est bien l’option choisie notamment par le Brésil, qui voit de nouveau affluer des capitaux fuyant les marchés sinistrés du Nord… mais toujours susceptibles de repartir aussi soudainement qu’ils sont entrés –, soit s’armer préventivement pour cogner une spéculation capable des revirements les plus brutaux. Les G20-G8 pourront tenter de négocier tout ce qu’ils voudront : les échaudés ne se laisseront pas avoir deux fois.

Et puis il y a la Chine. En matière d’excédents commerciaux et de recyclage de réserves accumulées, le fait est qu’elle se pose un peu là. Cependant, ici encore on voit mal les effets possibles de la supplication. Lui demander de moins exporter ? Mais elle a vitalement besoin d’un taux de croissance très élevé pour tenter de « tenir » par le développement matériel un territoire immense sur lequel le contrôle politique devient de plus en plus difficile ; et, en l’absence des institutions (notamment salariales) d’un authentique marché intérieur, ce seront les exportations qui, pour un moment encore, feront le travail. Mais l’ironie goûteuse de cette affaire chinoise vient tout de même des lamentations de ceux qui ont crée eux-mêmes les raisons de se lamenter : il ne faut pas s’étonner en effet que la Chine amasse de colossaux excédents quand les dogmes du libre-échange et de la concurrence non distordue ont installé les conditions de l’échange le plus distordu possible entre économies à standards socio-productifs parfaitement inégaux. Le G20-G8 veut s’attaquer aux « déséquilibres globaux » ? Qu’il commence donc par envisager quelques mesures protectionnistes tempérées et bien ciblées qui viendraient corriger les phénoménales distorsions sociales et environnementales que le commerce international laisse proliférer au nom du « libre-échange » – mais autant rêver Noël en juin. À défaut, attendons avec stoïcisme que le processus de constitution du marché intérieur et de montée en gamme de l’industrie chinoise résorbe de lui-même les excédents – plus que deux ou trois petites décennies, courage.

Mieux oublier la re-régulation financière 

 

Entre les excès de liquidité imputables aux banques centrales – et que celles-ci ne corrigeront pas de sitôt faute d’en avoir et les instruments appropriés et la volonté réelle –, ceux auxquels les échaudés des précédentes crises financières ne renonceront pas plus facilement, et le tranquille quiétisme qui nous abandonne à la dynamique longue du système socio-productif chinois, la résorption des global imbalances n’est pas pour demain. Et – du point de vue du G20 en tout cas – c’est tant mieux ! Car tout le temps que ça dure, on a au moins des raisons d’en parler, c’est-à-dire de ne pas parler d’autre chose. On n’allait pas tenir cent-sept ans les populations avec ces histoires de paradis fiscaux, mais la guerre des monnaies, le nouveau Bretton Woods (sans espoir) ou la correction des déséquilibres globaux, voilà qui est parfait pour occuper les esprits un moment. Et les dissuader surtout de se souvenir que les excès de carburant ne font de dégât que s’il y a un moteur pour les absorber et tourner en sur-régime. Le moteur ce sont les structures de la finance libéralisée. Celles dont le G20 a accepté de parler en 2008-2009 – là, ça aurait été un peu gros de faire l’impasse… – mais qu’il s’est aussitôt empressé d’oublier. De ce point de vue, l’inertie européenne est tout à fait impressionnante – et l’inertie française plus encore si on la met en rapport avec les propos martiaux qui annonçaient l’arraisonnement définitif de la finance depuis Toulon. À part un projet de directive sur les fonds d’investissement (hedge funds et private equity) d’une parfaite innocuité et un peu de meccano institutionnel pour créer des régulateurs spécifiques (assurances, marchés de capitaux, banques) mais sans stratégie de régulation mordante ni pouvoirs réels : rien !

Le paradoxe veut que les intentions les plus consistantes de re-régulation financière viennent finalement des Etats-Unis, intentions seulement cependant, car, pour volumineux qu’il soit, le texte du Dodd-Frank Act, n’a en l’état aucune portée opérationnelle. Sa transcription en directives précises est laissée au bon soin des diverses agences parties au dispositif global de régulation (Fed, SEC, CFTC, etc.)… mais à des horizons qui, pour certaines de ses dispositions peuvent aller jusqu’à 2019. Entre temps, on peut compter sur le zèle combiné du lobby de la finance et des Républicains libéraux pour vider le texte de sa substance, avec d’ailleurs pour principal motif de leur lamento que les dispositions étasuniennes sont bien plus contraignantes que celles de la régulation (?) européenne, et que les banques (et les traders) ne manqueront pas de fuir vers l’accueillante Europe, menace comme d’habitude légèrement surjouée mais qui, incidemment, dit tout de même quelque chose sur la réalité, ou plutôt l’irréalité, de la volonté européenne en cette matière. Aux yeux de la finance étasunienne, la vraie terre de liberté c’est donc l’Europe – et les populations européennes seront certainement ravies de se savoir à l’avant-garde…

Les faux problèmes… qui ramènent aux vrais 

 

Les enseignements à tirer des impasses de la re-régulation financière « mondiale » valent a fortiori à propos de la mondialisation tout court. La chimère de la coordination mondiale n’a jamais été autre chose que l’asile du mauvais vouloir. Il n’est que de voir les admirables progrès qu’elle aura accomplis depuis quatre ans… et de prolonger les tendances.

L’institutionnalisation (sérieuse) du capitalisme ne s’envisage que sur des territoires politiquement clos par un principe de souveraineté (quelle que soit son échelle). Car sans la force politique, seule à même de faire tenir debout des institutions, la question de l’enforcement comme disent les anglo-saxons, c’est-à-dire du pouvoir de rendre des règles contraignantes exécutoires, reste sans solution. Que ces territoires de souveraineté soient de la plus grande extension possible, au-delà de l’échelle nationale, il est très légitime de le désirer, à supposer qu’on sache trouver le point d’équilibre entre le volontarisme-créateur et l’illusion qui fait prendre son désir pour la réalité. L’Union européenne tombe-t-elle sous cette catégorie d’un territoire politique outre-national possible ? En son état actuel, non à l’évidence. Est-il symétriquement exclu qu’elle y tombe jamais à horizon raisonnable ? Pas davantage. La crise pourrait-elle être l’opportunité de ce progrès ? Sans doute – à la condition cependant d’un événement politique que son ampleur qualifierait indiscutablement comme révolution : liquidation des élites politiques, économiques et médiatiques libérales, annulation des traités, authentique constituante, reconstruction à neuf des institutions européennes, soit le comble même du rêve éveillé… dont les prodromes se font pourtant connaître chez les manifestants d’Athènes, les uncut de Londres, les indignados de Madrid, ceux de la Bastille, en attendant (rêvant) un mouvement de contagion qui réunirait tous les peuples européens pour un coup de pied au cul de format continental. Auquel la décomposition endogène de la construction monétaire européenne, telle qu’elle s’opère sous nos yeux, pourrait venir donner un bel élan.

Il reste que les misérables petites combines destinées à faire oublier le désastre de la mondialisation financière finissent par se retourner contre leurs auteurs mêmes. Car tous les leurres lancés les uns après les autres pour en éloigner y ramènent ! Vouloir escamoter les problèmes de la mondialisation proprement financière en occupant le terrain avec les « déséquilibres globaux », créateurs d’excès de liquidités, reconduit fatalement aux impasses de la mondialisation lato sensu. Car les déséquilibres et les excès en question en sont les produits les plus caractéristiques. Si c’est sur leur résorption que le G20-G8 compte pour ramener la finance mondialisée à la modération, il va lui falloir envisager une correction à beaucoup plus large échelle que celle dont il pensait faire l’économie… évidente contradiction à laquelle le G20-G8 n’est nullement décidé à céder, et d’où l’on tire une mesure de sa foncière hypocrisie.
Par construction, l’espace de la mondialisation comme espace dépolitisé, à dessein soustrait à toute autorité politique formelle, comme l’atteste incidemment la substitution de la « gouvernance » au gouvernement, est un espace de purs rapports de force, éventuellement tempérés par le pouvoir d’un hégémon capable de faire régner un ordre – son ordre. La négociation n’a pas d’autre d’espoir que de fortuites convergences d’intérêts. Pour le reste, les structures « dures » qui pourraient contrebattre les effets spontanés des mécanismes de la mondialisation, d’une part ne signifieraient rien d’autre qu’une forme ou une autre… de démondialisation (par des limites formelles mises au libre-échange, par une re-régulation financière sérieuse), et d’autre part sont hors de portée d’une chimérique « communauté » mondiale, fut-elle limitée aux vingt du G éponyme, précisément parce qu’elle n’est pas une communauté – politique. Les sommets successifs peuvent bien continuer s’ils le veulent de nous bahuter d’oubli délibéré en faux problèmes, les faux problèmes viennent immanquablement rappeler les vrais. Et le réel insiste.

Notes

 

[1] Voir « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », avril 2008.
[2] Id.
[3] C’est-à-dire les déplacements d’activités et les relocalisations de certaines opérations en fonction des conditions réglementaires les plus favorables.

G20-G8, ou la passion des faux problèmes

Par par Frédéric Lordon
pour  http://blog.mondediplo.net

On ne pourra pas dire que le G20-G8 n’a pas d’idées : il en a au moins deux. Une idée théorique (variable) et une idée pratique (fixe). Une idée théorique affichée pour mieux dissimuler l’idée pratique inavouée. À vrai dire, l’idée pratique n’est pas neuve, elle est maintenant d’un robuste classicisme et comme une marque de fabrique en train de se patiner : tout faire pour ne rien avoir à faire – contre la déréglementation financière – et envoyer des leurres en tous sens. C’est simplement l’idée théorique – le leurre – dont elle se sert comme d’un paravent qui est régulièrement renouvelée, sans doute pour éviter la lassitude du public et mieux donner l’air de la grande activité. Quelques effets d’apprentissage suffisent pour se faire à l’idée que les « sujets » poussés sur le devant de la scène du G20-G8 sont claironnés en exacte proportion de ce qu’ils sont inoffensifs. En 2009, l’« idée théorique » veut que bonus et paradis fiscaux soient coupables de tout. On annonce de terribles représailles. Que la réalité accompagne le fantasme n’a jamais été le souci dominant de M. Sarkozy : il suffit que les choses soient dites. Au demeurant, tous ses collègues jugent également opportun le double choix et de la voie de garage et de ne la parcourir qu’en mots… En 2010, place à la « guerre des monnaies » – et il faudrait être vraiment mauvais coucheur pour ne pas être d’accord avec le G20 qui aime la paix. L’année 2011 connaît un raffinement certain du « modèle ». Le principe général de ne rien faire est évidemment maintenu – c’est tout de même l’idée ! –, son opérationnalisation sous la forme d’un sujet bien périphérique a abondamment fait ses preuves, on n’en changera donc pas, mais cette année un réel effort est fait pour promener le public encore plus loin que d’habitude. En 2011, la « théorie » propose : « excès de liquidité » et « déséquilibres globaux » (global imbalances). Triple bénéfice d’une posture avantageuse mêlant la technicité et la hauteur de vue – les « déséquilibres globaux » présentent tout de même autrement mieux que ces petites histoires crapoteuses de listings et de paradis fiscaux –, de l’affichage d’un objectif de « rééquilibrage global » rigoureusement inatteignable, et (par conséquent) de la certitude d’une diversion sans espoir aucun de se refermer jamais !

Pourquoi y a-t-il des bulles (et puis des crises) ? Réponse G20-G8 : parce qu’il y a excès des liquidités déversées sur les marchés. Mais au fait, d’où viennent ces liquidités en excès qui, par bulles et crises interposées, font parfois un peu dérailler la mondialisation ? Eh bien… de la mondialisation même ! C’est là qu’est l’os.

La politique monétaire de la Réserve Fédérale ? 

 

Dans l’élégante chorégraphie des Retournés – comprendre : tous les valeureux qui, ayant chanté les louanges du système pendant deux décennies, ont assisté médusés à son effondrement et compris qu’il était temps d’en dire rétrospectivement un peu de mal s’ils voulaient survivre au ridicule – le passage brutal du Greenspan-licking au Greenspan-bashing aura été un morceau de bravoure. Car les mêmes qui s’étaient pâmés si longtemps à célébrer l’homme-qui-parle-à-l’oreille-des-marchés n’ont rien trouvé de mieux que d’en faire immédiatement leur tête de turc, conformément d’ailleurs à un réflexe type de la pensée libérale qui cherche des coupables pour mieux éviter de mettre en question les structures. Dans la galerie des affreux, Kerviel, trop grossièrement crapuleux, a été laissé aux journalistes, mais Greenspan, un banquier central tout de même, voilà qui permettait de se mettre du bon côté du doigt accusateur tout en conservant la hauteur de vue du discours de « la politique monétaire ». Le génie aussitôt transmuté à l’état de cloche est donc passé du pinacle au pilori au motif que sa politique économique, elle-même révisée de « brillante » à « nulle », était déclarée responsable de tout, notamment de « l’excès de liquidité » – qui fait les bulles.

Mais c’était ne pas voir d’abord que la politique monétaire étasunienne, loin d’avoir la souveraineté qu’on lui a spontanément prêtée était bien plutôt à l’état d’automate asservi, et contrainte de créer un environnement de crédit susceptible de soutenir à tout prix la dépense des ménages quand le revenu de ces derniers était comprimé par toutes les tendances structurelles – actionnariales et concurrentielles – de la « mondialisation » même. C’était ne pas voir non plus combien la relance monétaire permanente était devenue la seule solution disponible pour éponger les crises successives d’une finance spéculative congénitalement instable depuis que toutes les forces en ont été libérées par… la mondialisation. Si bien que le rattrapage de chaque crise préparait immanquablement la suivante, le flot de liquidité ayant pour seul tâche d’identifier le nouveau compartiment de marché où aller reprendre la nouba : marchés émergents, valeurs technologiques, produits dérivés de crédits immobiliers, etc. Pour hors-norme que soit la crise ouverte depuis 2007, elle n’a pas été traitée par d’autres moyens – avec pour seule perspective, la reconduction à terme des mêmes effets…
Mais c’est que la contradiction est logée au cœur même de la mondialisation financière : le système bancaire privé continue de devoir être porté à bout de bras par les banques centrales, la chose est spécialement vraie des banques grecques, espagnoles, irlandaises et portugaises (qui à elle seules absorbent actuellement les deux tiers des concours de liquidités de la Banque centrale européenne…) ; quant aux Etats-Unis ça n’est pas pour rien que depuis 2008 la Réserve fédérale a vu son passif multiplié par deux… Ce sont les crises financières mêmes qui forcent les réponses de la politique monétaire vouées à reproduire les crises – et ceci du fait du maintien obstiné des structures de la libéralisation financière. Supposé le retour à la normale, rien ne permet de penser que les conditions monétaires faites à la finance privée deviendraient sensiblement plus restrictives. Sans doute, comme après chaque grande « ouverture des vannes », les taux d’intérêt remonteraient-ils graduellement à des niveaux moins inhabituels, mais pas au point de menacer sérieusement la profitabilité des institutions financières.

Car, sans en être des rouages totalement asservis, et conservant une certaine autonomie formelle, les banques centrales actuelles n’en sont pas moins parties au complexe d’ensemble du capital financier : elles en défendent les structures, tiennent la libéralisation des marchés de capitaux pour une évidence doublée d’une vertu, se sont systématiquement opposées aux tentatives même modestes d’en limiter l’étendue, ont conduit depuis le milieu des années 1980 des politiques anti-inflationnistes et pressé sans relâche les gouvernements à l’orthodoxie des finances publiques, c’est-à-dire fait basculer la monnaie-finance dans ce que Keynes appelait un « régime de créanciers », enfin se sont posées à chaque crise comme la Providence seule capable de sauver le système… et de le faire repartir pour un tour. En définitive, les banques centrales n’entrent avec la finance privée que dans des conflits secondaires et lorsque cette dernière, aveuglée par ses intérêts les plus bornés, en vient à faire sauter le système qui fait pourtant sa prospérité. Plaise au ciel donc, si les bénéficiaires immédiats du système sont trop bêtes pour ne pas menacer de ruiner le système, qu’il se trouve dans le paysage un agent plus rationnel et plus puissant qu’eux pour prendre le point de vue du système lui-même et veiller à sa conservation…

Des taux d’intérêt dédoublés pour asphyxier la finance 

 

Rouages particuliers, jouant certes leur partition à elles hors de toute « commande » formelle, mais néanmoins en conformité avec les réquisits supérieurs de l’ensemble, les banques centrales sont donc spécialement mal placées pour entrer dans une stratégie d’attrition de la finance par restriction de la liquidité. Elles le sont d’autant plus que leur seul instrument en cette matière, le relèvement des taux d’intérêt, auraient des effets collatéraux catastrophiques sur l’économie réelle – qui n’y est pour rien ! Est-il pour autant certain, abstraitement parlant, que les banques centrales ne puissent rien en cette matière ? Non, pourvu du moins qu’elles se dotent des outils adéquats. Il est bien vrai que les banques centrales, à supposer qu’elles le veuillent – clause d’importance… –, se trouveraient prises dans un conflit d’objectifs lié au fait de vouloir poursuivre deux finalités contradictoires (la stabilité financière et la croissance économique) avec un seul instrument (le taux d’intérêt). Quitte à ré-enfoncer un clou déjà tapé, on pourrait suggérer à nouveau [1] de résoudre assez simplement ce conflit par rétablissement de la parité entre les objectifs et les instruments, plus précisément en envisageant un système de taux d’intérêt dédoublés, dont l’un, disons le taux d’intérêt « productif » ou « économique » serait réservé au refinancement des crédits dirigés vers les agents de l’économie réelle, et l’autre, le taux d’intérêt « spéculatif » s’appliquerait au refinancement des crédits dirigés vers les opérations financières. Faire le départ de ces deux sortes d’opération est largement à la portée de l’appareil statistique de la banque centrale qui collige tous les documents comptables bancaires, les banques de second rang étant alors refinancées à un coût global formé au prorata de leurs diverses catégories de crédit. Rien n’interdirait plus de pouvoir tenir le coût du crédit à l’économie au niveau le meilleur pour un objectif composite de croissance et d’inflation (des biens et services) et d’élever aussi haut qu’on veut le taux d’intérêt « spéculatif » pour affamer les marchés de capitaux et tuer l’inflation des actifs financiers – et elle seule.

Deux objections surgissent immédiatement. En premier lieu, le crédit n’est pas le seul carburant des marchés – où se déversent également toutes les épargnes collectées par les diverses catégories d’investisseurs institutionnels. Mais enfin nul n’a jamais cru à la silver bullet, cette unique balle en argent tueuse à coup sûr du vampire, et c’est un arsenal qu’il faut déployer pour en finir avec la libéralisation financière [2] : gagner sur la part « crédit » du flot global qui alimente les marchés ne fera sans doute pas tout, mais ce sera déjà quelque chose. On dira ensuite que l’abattement de toutes les frontières de la finance autorise des liquidités créées à l’autre bout du monde, par une banque centrale qui ne l’entendrait pas de cette oreille, à venir s’investir sans restriction sur nos marchés (ou « nos » renvoie à la circonscription qu’on voudra : celle d’un marché national ou d’un marché régional). Il faut donc redire que, sauf à poursuivre la chimère d’une re-régulation financière globale (à l’échelle de la planète) et qui ne serait pas qu’un inoffensif filet d’eau tiède (à l’image des misérables proposition du comité de Bâle), la re-régulation « sérieuse » ne s’envisage qu’à l’échelle régionale… c’est-à-dire dûment complétée par un appareil de protections adéquates (sous la forme de stricts contrôles des mouvements de capitaux et des filiales d’institutions financières non résidentes autorisées à opérer) pour désarmer les stratégies d’« arbitrage réglementaire » [3] et parer à la contamination par une finance du dehors qui sera restée à l’état sauvage – c’est-à-dire à l’état actuel.

Il reste que l’idée des taux d’intérêt dédoublés aurait de quoi intéresser même les banquiers centraux d’aujourd’hui, pas spécialement ravis de se trouver pris en otage par le secteur bancaire privé qui lui force la main à son secours en situation de crise grave. Mais l’inconséquence n’est pas la chose du monde la moins partagée, et les banques centrales qui ne veulent pas se trouver tous les quatre matins en situation de prêteur en dernier ressort contraint ne veulent pas non plus des outils qui leur permettraient d’éviter de l’être…

Les excédents des Émergents, entre souvenir de la mondialisation passée et effets de la mondialisation présente 

 

Mais l’excès de liquidités a-t-on dit n’est pas le fait que des banques centrales. D’où vient-il alors ? Si l’on met de côté la collecte ordinaire des épargnes dans les pays du Nord, dont les volumes globaux n’ont pas significativement varié en moyenne période, l’explosion des accumulations de liquidités réinvesties sur les marchés est venue pour l’essentiel de la polarisation des soldes commerciaux, au profit des pays émergents… et comme un pur produit des tendances présentes de la mondialisation. C’est ici que la scène du G20-G8 prend l’allure d’une foire aux intérêts particuliers – mais tous bien fondés !
Car les pays du Nord auront du mal à venir faire la leçon aux Émergents pour avoir accumulé de colossales réserves de change – dont on imagine mal qu’elles puissent rester oisives, et qui, cherchant logiquement à s’employer, reviennent se déverser sur les marchés de capitaux. On leur fera en effet difficilement la leçon car, permises par leurs excédents commerciaux, ces accumulations de réserves sont aussi marquées de la mémoire cuisante des crises de 1997-1998, et ont été délibérément constituées pour faire face à l’éventualité de nouvelles attaques spéculatives. C’est que ces pays (Thaïlande, Corée, Hong Kong, mais aussi Brésil, Russie, etc.) ont eu à connaître de près les joies de la mondialisation financière et se souviennent encore des désastres qui avaient suivi des retournements brutaux de la hot money, flots de capitaux courts, exclusivement spéculatifs, qui les avaient fuis avec le même excès qu’ils avaient mis à les investir. L’élévation fulgurante des taux d’intérêt rendue nécessaire pour défendre des parités en plein effondrement avait ruiné leur croissance, et c’est précisément pour se prémunir contre ce genre de nuisance que ces pays ont fait le choix d’amasser des réserves, seul moyen de soutenir avec quelque chance de succès une guerre spéculative sur le marché des changes.

Pour des économies durablement marquées par de tels événements, les seules solutions rationnelles consistent soit en une suspension ad hoc des règles de la mondialisation financière, par exemple au travers de dispositifs de contrôle des flux entrants – et c’est bien l’option choisie notamment par le Brésil, qui voit de nouveau affluer des capitaux fuyant les marchés sinistrés du Nord… mais toujours susceptibles de repartir aussi soudainement qu’ils sont entrés –, soit s’armer préventivement pour cogner une spéculation capable des revirements les plus brutaux. Les G20-G8 pourront tenter de négocier tout ce qu’ils voudront : les échaudés ne se laisseront pas avoir deux fois.

Et puis il y a la Chine. En matière d’excédents commerciaux et de recyclage de réserves accumulées, le fait est qu’elle se pose un peu là. Cependant, ici encore on voit mal les effets possibles de la supplication. Lui demander de moins exporter ? Mais elle a vitalement besoin d’un taux de croissance très élevé pour tenter de « tenir » par le développement matériel un territoire immense sur lequel le contrôle politique devient de plus en plus difficile ; et, en l’absence des institutions (notamment salariales) d’un authentique marché intérieur, ce seront les exportations qui, pour un moment encore, feront le travail. Mais l’ironie goûteuse de cette affaire chinoise vient tout de même des lamentations de ceux qui ont crée eux-mêmes les raisons de se lamenter : il ne faut pas s’étonner en effet que la Chine amasse de colossaux excédents quand les dogmes du libre-échange et de la concurrence non distordue ont installé les conditions de l’échange le plus distordu possible entre économies à standards socio-productifs parfaitement inégaux. Le G20-G8 veut s’attaquer aux « déséquilibres globaux » ? Qu’il commence donc par envisager quelques mesures protectionnistes tempérées et bien ciblées qui viendraient corriger les phénoménales distorsions sociales et environnementales que le commerce international laisse proliférer au nom du « libre-échange » – mais autant rêver Noël en juin. À défaut, attendons avec stoïcisme que le processus de constitution du marché intérieur et de montée en gamme de l’industrie chinoise résorbe de lui-même les excédents – plus que deux ou trois petites décennies, courage.

Mieux oublier la re-régulation financière 

 

Entre les excès de liquidité imputables aux banques centrales – et que celles-ci ne corrigeront pas de sitôt faute d’en avoir et les instruments appropriés et la volonté réelle –, ceux auxquels les échaudés des précédentes crises financières ne renonceront pas plus facilement, et le tranquille quiétisme qui nous abandonne à la dynamique longue du système socio-productif chinois, la résorption des global imbalances n’est pas pour demain. Et – du point de vue du G20 en tout cas – c’est tant mieux ! Car tout le temps que ça dure, on a au moins des raisons d’en parler, c’est-à-dire de ne pas parler d’autre chose. On n’allait pas tenir cent-sept ans les populations avec ces histoires de paradis fiscaux, mais la guerre des monnaies, le nouveau Bretton Woods (sans espoir) ou la correction des déséquilibres globaux, voilà qui est parfait pour occuper les esprits un moment. Et les dissuader surtout de se souvenir que les excès de carburant ne font de dégât que s’il y a un moteur pour les absorber et tourner en sur-régime. Le moteur ce sont les structures de la finance libéralisée. Celles dont le G20 a accepté de parler en 2008-2009 – là, ça aurait été un peu gros de faire l’impasse… – mais qu’il s’est aussitôt empressé d’oublier. De ce point de vue, l’inertie européenne est tout à fait impressionnante – et l’inertie française plus encore si on la met en rapport avec les propos martiaux qui annonçaient l’arraisonnement définitif de la finance depuis Toulon. À part un projet de directive sur les fonds d’investissement (hedge funds et private equity) d’une parfaite innocuité et un peu de meccano institutionnel pour créer des régulateurs spécifiques (assurances, marchés de capitaux, banques) mais sans stratégie de régulation mordante ni pouvoirs réels : rien !

Le paradoxe veut que les intentions les plus consistantes de re-régulation financière viennent finalement des Etats-Unis, intentions seulement cependant, car, pour volumineux qu’il soit, le texte du Dodd-Frank Act, n’a en l’état aucune portée opérationnelle. Sa transcription en directives précises est laissée au bon soin des diverses agences parties au dispositif global de régulation (Fed, SEC, CFTC, etc.)… mais à des horizons qui, pour certaines de ses dispositions peuvent aller jusqu’à 2019. Entre temps, on peut compter sur le zèle combiné du lobby de la finance et des Républicains libéraux pour vider le texte de sa substance, avec d’ailleurs pour principal motif de leur lamento que les dispositions étasuniennes sont bien plus contraignantes que celles de la régulation (?) européenne, et que les banques (et les traders) ne manqueront pas de fuir vers l’accueillante Europe, menace comme d’habitude légèrement surjouée mais qui, incidemment, dit tout de même quelque chose sur la réalité, ou plutôt l’irréalité, de la volonté européenne en cette matière. Aux yeux de la finance étasunienne, la vraie terre de liberté c’est donc l’Europe – et les populations européennes seront certainement ravies de se savoir à l’avant-garde…

Les faux problèmes… qui ramènent aux vrais 

 

Les enseignements à tirer des impasses de la re-régulation financière « mondiale » valent a fortiori à propos de la mondialisation tout court. La chimère de la coordination mondiale n’a jamais été autre chose que l’asile du mauvais vouloir. Il n’est que de voir les admirables progrès qu’elle aura accomplis depuis quatre ans… et de prolonger les tendances.

L’institutionnalisation (sérieuse) du capitalisme ne s’envisage que sur des territoires politiquement clos par un principe de souveraineté (quelle que soit son échelle). Car sans la force politique, seule à même de faire tenir debout des institutions, la question de l’enforcement comme disent les anglo-saxons, c’est-à-dire du pouvoir de rendre des règles contraignantes exécutoires, reste sans solution. Que ces territoires de souveraineté soient de la plus grande extension possible, au-delà de l’échelle nationale, il est très légitime de le désirer, à supposer qu’on sache trouver le point d’équilibre entre le volontarisme-créateur et l’illusion qui fait prendre son désir pour la réalité. L’Union européenne tombe-t-elle sous cette catégorie d’un territoire politique outre-national possible ? En son état actuel, non à l’évidence. Est-il symétriquement exclu qu’elle y tombe jamais à horizon raisonnable ? Pas davantage. La crise pourrait-elle être l’opportunité de ce progrès ? Sans doute – à la condition cependant d’un événement politique que son ampleur qualifierait indiscutablement comme révolution : liquidation des élites politiques, économiques et médiatiques libérales, annulation des traités, authentique constituante, reconstruction à neuf des institutions européennes, soit le comble même du rêve éveillé… dont les prodromes se font pourtant connaître chez les manifestants d’Athènes, les uncut de Londres, les indignados de Madrid, ceux de la Bastille, en attendant (rêvant) un mouvement de contagion qui réunirait tous les peuples européens pour un coup de pied au cul de format continental. Auquel la décomposition endogène de la construction monétaire européenne, telle qu’elle s’opère sous nos yeux, pourrait venir donner un bel élan.

Il reste que les misérables petites combines destinées à faire oublier le désastre de la mondialisation financière finissent par se retourner contre leurs auteurs mêmes. Car tous les leurres lancés les uns après les autres pour en éloigner y ramènent ! Vouloir escamoter les problèmes de la mondialisation proprement financière en occupant le terrain avec les « déséquilibres globaux », créateurs d’excès de liquidités, reconduit fatalement aux impasses de la mondialisation lato sensu. Car les déséquilibres et les excès en question en sont les produits les plus caractéristiques. Si c’est sur leur résorption que le G20-G8 compte pour ramener la finance mondialisée à la modération, il va lui falloir envisager une correction à beaucoup plus large échelle que celle dont il pensait faire l’économie… évidente contradiction à laquelle le G20-G8 n’est nullement décidé à céder, et d’où l’on tire une mesure de sa foncière hypocrisie.
Par construction, l’espace de la mondialisation comme espace dépolitisé, à dessein soustrait à toute autorité politique formelle, comme l’atteste incidemment la substitution de la « gouvernance » au gouvernement, est un espace de purs rapports de force, éventuellement tempérés par le pouvoir d’un hégémon capable de faire régner un ordre – son ordre. La négociation n’a pas d’autre d’espoir que de fortuites convergences d’intérêts. Pour le reste, les structures « dures » qui pourraient contrebattre les effets spontanés des mécanismes de la mondialisation, d’une part ne signifieraient rien d’autre qu’une forme ou une autre… de démondialisation (par des limites formelles mises au libre-échange, par une re-régulation financière sérieuse), et d’autre part sont hors de portée d’une chimérique « communauté » mondiale, fut-elle limitée aux vingt du G éponyme, précisément parce qu’elle n’est pas une communauté – politique. Les sommets successifs peuvent bien continuer s’ils le veulent de nous bahuter d’oubli délibéré en faux problèmes, les faux problèmes viennent immanquablement rappeler les vrais. Et le réel insiste.

Notes

 

[1] Voir « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », avril 2008.
[2] Id.
[3] C’est-à-dire les déplacements d’activités et les relocalisations de certaines opérations en fonction des conditions réglementaires les plus favorables.

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