1. Nous passons par une guerre mondiale des monnaies et des dévaluations.
2. La monnaie de réserve, le dollar, est faible, car la situation financière des Etats-Unis est alarmante. On compte plus de USD 34 billions de dettes, USD 200 billions de produits dérivés et quelque USD 10 billions d’engagements hors budget. (Rappelons-nous que, en 1997, un seul Hedge Funds, Long Term Capital Management, dont le bilan se chiffrait à USD 3 milliards, a suscité la crainte que la structure financière mondiale ne s’effondre!)
3. Accroissement dramatique de la masse monétaire aux Etats-Unis et dans le monde.
4. Actuellement, les Bourses sont des casinos; leur évaluation est trop forte et périlleuse. Chaque jour, la Working Group on Financial Markets, fondée en 1987 par le Président Reagan, manipule l’indice Dow Jones. Il n’y a plus de marchés libres. Les initiés évitent les marchés.
5. Des taux d’intérêt négatifs (inflation supérieure aux intérêts reçus) sont néfastes aux investissements et à la conjoncture en général.
6. La demande d’or est supérieure à la production, les banques centrales ont prêté entre un tiers et la moitié de leur or. L’or a disparu. Une panique pourrait s’ensuivre si les gens remarquaient que l’or est la seule sûreté et qu’une grande partie de l’or des banques centrales est vendue.
7. Accumulation de dettes historiquement élevée sur le plan mondial. La jeune génération devra verser des intérêts d’un montant insupportable et ne pourra s’acquitter de ses obligations. Il pourrait en résulter une panique, ou elle pourrait se débarrasser de ces dettes par l’inflation.
8. La détérioration monétaire actuelle est une catastrophe pour les salariés et les retraités. Elle aboutit à l’anéantissement de la classe moyenne. Dans le monde, un milliard de personnes vit dans des quartiers misérables. Bientôt, un tiers des citadins vivra dans des bidonvilles. Dans ces régions, la propension à se radicaliser croît. La haine augmente.
9. Ces dix prochaines années, l’économie mondiale passera par une phase de dépression dite de Kondratieff. Si l’humanité a toujours survécu aux crises, elle ne surmontera pas la crise actuelle sans graves conséquences, vu les moyens actuels de pollution monétaire.
10. La confusion politique s’accroît. La situation géopolitique est pire que jamais. Un seul coup d’Etat en Arabie saoudite pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’approvisionnement en pétrole et l’économie mondiale.
Le député au Congrès Howard Buffett, père de l’investisseur couronné de succès Warren Buffett, a déclaré en 1948:
«En raison de la vigueur économique des Etats-Unis, il peut s’écouler beaucoup de temps jusqu’à ce que l’expérience du papier-monnaie se termine. Mais si ce jour arrive, notre gouvernement de l’époque estimera sans doute qu’une guerre à l’étranger est plus sage qu’une discussion dans son propre pays. Tel est aussi la solution qu’Hitler et d’autres ont choisie en recourant à l’économie du papier-monnaie. Si la liberté doit survivre, il n’y a pas de défi plus important que le retour à une monnaie honnête, à savoir la réintroduction de l’étalon-or. C’est là le seul moyen de préserver les fruits de notre travail.»
Telles sont les corrélations entre liberté, monnaie et esprit, guerre et paix et or.
Mesdames, Messieurs
Je crois avoir livré assez d’arguments pour vous convaincre de la nécessité d’une monnaie saine, stable, basée sur l’or. La seule issue est le retour à une monnaie honnête, à l’étalon-or.
Ou comme l’a dit un jour Otto de Habsbourg: «Sur tous les plans, l’éthique et la morale demeurent la voie la plus sûre. («FAZ» 12.4.1988)» (12)
Pour terminer, je donnerai encore la parole à deux personnes dont la sagacité ne fait aucun doute.
Harry Schultz, l’expert en investissements connu dans le monde entier, nous a donné une des meilleures définitions de l’étalon-or: «Etalons (or et autres)»: (13)
«Durant les 38 dernières années, je l’ai écrit plusieurs fois et j’insiste sur ce point: je suis partisan de l’or, à quelque prix que ce soit! Je ne lutte pas pour l’or pour réaliser des bénéfices sur les actions de mines d’or, sur les barres ou les pièces d’or. L’importance de l’or a une source plus profonde, et il me serait désagréable de me prononcer pour l’or pour des raisons uniquement mercantiles. L’or est le point rotation et d’ancrage de notre liberté individuelle, et non d’un groupe et d’une nation. Facteur déterminant, l’or fait partie du système monétaire. Il nous faut retourner à l’étalon-or. Jadis, j’étais encore prêt au compromis, acceptais un étalon proche de l’or et une version modifiée du traité de Bretton Woods. Tel pourrait d’ailleurs être le résultat des débats. A mon avis, nous devrions toutefois lutter pour un pur étalon-or, pour la vieille forme qui a si bien fonctionné. Et pas seulement pour des raisons de politique financière. L’étalon-or a obligé les nations à limiter leurs dettes, leurs dépenses et leurs plans socialistes. Il en est résulté que des comportements raisonnables se sont formés en raison de ces limitations et que ces comportements se sont répercutés sur chacun. Les hommes étaient plus honnêtes, tenaient compte davantage de la morale et de la bienséance et étaient plus aimables, car le système était honnête et moral. Cause et effet. Actuellement, la cause et l’effet découlent d’un système inverse: aucune limite à l’action, au contrôle et à l’emprise des gouvernements; aucune limite à l’endettement de l’Etat, au bien-être ni aux plans socialistes. Il n’y a plus d’instance qui contrôle le gouvernement.
La population a adopté ce comportement, contractant des dettes et perdant le respect du système et de toute morale. S’en sont suivis davantage de divorces, d’escroqueries, de criminalité, d’enfants hors mariage, de ménages mal en point. Si la monnaie d’un pays n’a plus de base ni de couverture, il n’y a plus de norme pour aucun comportement. La monnaie fixe une norme qui s’étend à toute activité humaine. Pas de couverture de la monnaie, pas de morale. C’est pourquoi la monnaie sous forme de pièces d’or a fonctionné si bien, et les Etats-Unis n’ont évolué que lentement et prudemment en direction d’une monnaie de papier et ont couvert longtemps leur billet à 100% par de l’or. Lentement toutefois, à la manière d’un salami débité tranche par tranche, cette couverture a été supprimée, pour être finalement éliminée intégralement. Les effets de ce malaise se manifestent tous les jours.
Des films brutaux reflètent une société brutale qui, elle-même, correspond à un manque de respect à l’intérieur de la société. Nous sommes de plus en plus corrompus lorsque la monnaie perd sa sûreté. La bulle qui s’est formée sur les marchés des actions est une partie de cette situation, tout comme le seront le krach et la récession de demain. Le «grand frère» n’a pu se manifester qu’en l’absence de contrôles automatiques et après la disparition de la liberté individuelle, les changes n’étant plus convertibles. Dites-le autour de vous. Luttez pour l’or. Non pour réaliser un profit – même si les profits sont utiles et nous aident dans notre lutte pour la liberté individuelle –, mais pour assurer un avenir qui nous ramène à un esprit sain sur de nombreux plans. Un étalon-or nous procure un étalon humain or! Ces deux étalons sont indissociables. Tels sont l’effet et la cause ultimes.»
Le Président de Gaulle a fait à son pays le don le plus grand qu’il pouvait lui faire: il lui a redonné confiance.
Le 4 février 1965, il a déclaré:
«Le temps est venu de remettre le système financier international sur une base incontestable, qui ne porte pas le sceau d’une nation déterminée. Sur quelle base? Il est malaisé de s’imaginer un autre étalon que l’étalon-or. L’or, dont les propriétés ne changent pas; qui n’a pas de nationalité et qui est considéré depuis toujours et partout comme la monnaie par excellence, ne se modifiant pas». (14)
Par: Ferdinand Lips (décédé en septembre 2005)
Horizons et débats, numéro 27, semptembre 2004
Source:
http://www.horizons-et-debats.ch/27/27_13.htm --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Notes
1 Lips, Ferdinand, Die Gold-Verschwörung, Rotenburg, Ed. Kopp, 2003
2 Lips, Ferdinand, Das Buch der Geldanlage, Dusseldorf, Ed. Econ, 1981
3 Palyi, Melchior, Währungen am Scheideweg, Francfort-sur-le-Main, Ed. Fritz Knapp, 1960
4 Mises, Ludwig von, Human Action, New Haven, CT: Yale University Press, 1949
5 Greenspan, Alan, «Gold and Economic Freedom», dans Capitalism: The Unknown Ideal, Ayn Rand éd., New York, NY: New American Library, 1967
6 Parks, Lawrence, What does Mr. Greenspan Really Think? New-York: Foundation for the Advancement of Monetary Education FAME, 2001
7 Zweig, Stefan, Die Welt von Gestern, Stockholm: Ed. Bermann-Fischer, 1944
8 Warburton, Peter, Debt and Delusion, Middlesex, Angleterre: Alan Lane The Penguin Press, 1999
9 Griffin, G. Edward, The Creature from Jekyll Island – A Second Look at the Federal Reserve System: Westlake Village, Californie, American Media, 1994
10 Röpke, Wilhelm, Jenseits von Angebot und Nachfrage, Erlenbach/Zurich, Ed. Eugen Rentsch, 1961
11 Lips, Ferdinand, Gold Wars – The Battle Against Sound Money as Seen From a Swiss Perspective, New-York, NY, Foundation for the Advancement of Monetary Education FAME, 2002
12 Habsburg, Otto von, Ethik und Moral des Geldes, Frankfurter Allgemeine Zeitung, supplément «Geist und Geld» du 18 avril 1988
13 Lips, Ferdinand, Die Gold-Verschwörung, Rottenburg, Ed. Kopp, 2003
14 Rueff, Jacques, New-York, NY, Macmillan,1972